Tout sur la consommation en énergie d’une exploitation agricole

Une exploitation agricole doit maîtriser sa consommation en énergie dans le but de maintenir une performance économique stable. En effet, à l’image des autres sources d’énergie, l’électricité a tendance à devenir plus chère au fil des années. Pour réduire la facture énergétique qui atteint déjà environ 3,2 milliards d’euros, diverses alternatives sont possibles. Explications.

Bilan des besoins énergétiques d’une exploitation agricole

Le secteur agricole est une filière industrielle qui utilise de l’énergie directe telle que les combustibles, les carburants et l’électricité. Souvent, c’est la nature de l’exploitation qui dicte le bilan énergétique d’une exploitation agricole :
* La consommation en énergie fossile dans une exploitation agricole est conséquente si cette dernière privilégie les grandes cultures. Le travail du sol et l’épandage nécessitent l’utilisation de divers tracteurs et engins agricoles ;
* La consommation en énergie électrique dans une exploitation agricole est conséquente si cette dernière privilégie l’élevage. C’est la fabrication des concentrés alimentaires pour nourrir les animaux qui constitue le poste le plus énergivore.

Selon une enquête sur les consommations et les productions d’énergie dans les exploitations agricoles en 2011, la répartition de l’énergie est résumée dans le tableau ci-après.

Usages Quantité d’énergie consommée
Tracteurs et engins agricoles 53 %
Bâtiments d’élevage 14 %
Serres 10 %
Véhicules utilitaires 8 %
Locaux divers 5 %
Irrigation 3 %
Séchoirs et chambres froides 3 %
Matériels portatifs et mobiles 2 %
Transformations hors séchage 2 %

Bilan détaillé dans le domaine de l’élevage

Il est plus facile de définir la consommation en énergie d’une exploitation agricole en évaluant les besoins énergétiques de chaque animal dans un élevage. Pour avoir une meilleure idée de ces besoins, il suffit d’imaginer que 1 kWh correspond à l’énergie consommée par 1 radiateur de 1 000 W fonctionnant pendant 1 heure. Il est aussi possible de se référer à un tableau comparatif sur la consommation énergétique d’une exploitation agricole.

Dans un élevage de volaille

L’élevage de volaille se place en tête du peloton. Il s’agit du secteur le plus énergivore avec 108 kWh/m2 par an, ce qui équivaut à 0,52 kWh/kg par tête. 85 % de l’énergie consommée est dédiée uniquement au chauffage. Les dépenses dans une exploitation avicole se répartissent comme suit :
* 81 % dédiées à l’alimentation ;
* 12 % dédiées au fioul et au gaz ;
* 7 % dédiées à l’électricité ;

consommation énergie exploitation agricole 1

Dans un élevage de veaux

Pour qu’un veau atteigne une vingtaine de semaines, il lui faut environ 152 kWh. 71 % de cette énergie provient du gaz (essentiellement du propane) destiné à produire de l’eau chaude pour préparer son lait. Les 29 % restants concernent l’énergie électrique qui sert à ventiler l’étable et à actionner les pompes de distribution de lait entre autres.

Dans un élevage porcin

S’il s’agit d’un élevage naisseur-engraisseur, une truie nécessite 983 kWh par an. Pour un naisseur seul, elle n’a besoin que de 403 kWh par an. De manière générale, la consommation d’énergie se trouve aux environs de 1 200 kWh par truie, dont 70 % tirée de l’électricité. La répartition des charges se présente comme suit :
* 74 % dédiées à l’alimentation ;
* 17 % dédiées à l’électricité ;
* 5 % dédiées au fioul et au gaz ;
* 4 % pour des dépenses diverses.

Bilan détaillé dans le domaine de l’agriculture

L’évaluation de la consommation en énergie d’une exploitation agricole spécialisée dans les vastes cultures se base essentiellement sur le fioul utilisé pour travailler la terre. Toutefois, l’énergie nécessaire pour transformer des produits bruts en produits finis peut être variée.

consommation énergie exploitation agricole 2

Dans le secteur horticole

D’après une enquête menée en 2005, la filière des serres maraîchères essentiellement destinée à produire des tomates et des concombres consommait 3,24 kWh par hectare de serres. D’un autre côté, la filière horticole en consommait 160 kWh/m2 pour 1 300 ha de serres. Il est à noter que ces consommations varient fortement selon les régions et le type de production. Grâce à la révolution apportée par la transition énergétique, une baisse de la consommation allant jusqu’à 7 % a été observée en 2011.
Du point de vue économique, 10 % à 16 % des charges d’une exploitation sont destinés à l’énergie, indépendamment d’une culture horticole ou d’une culture maraîchère.

Dans le secteur spécialisé au séchage des récoltes

La grande majorité des séchoirs agricoles en France fonctionne toujours au fioul. Selon les chiffres publiés par l’ADEME en 2007, le séchage des récoltes consomme 240 000 tep d’énergie, l’équivalent de 1 752 000 barils de pétrole. C’est la filière où le taux d’émission de gaz à effet de serre est la plus importante.
Toujours dans une exploitation agricole, la consommation électrique atteint son summum avec les séchoirs de fourrage. Sur les 150 GWh par an, 50 GWh proviennent de l’électricité. D’où le besoin d’optimiser les pratiques en agriculture pour intégrer l’énergie renouvelable.

Les solutions disponibles pour maitriser la consommation d’énergie

Pour accroître la performance énergétique d’une exploitation agricole, certains agriculteurs investissent dans des solutions mettant en avant l’énergie renouvelable. Biomasse, éoliennes et panneaux solaires constituent des choix où la rentabilité se fait sentir après moins de six années d’exploitation. Pour acquérir les matériels nécessaires, plusieurs solutions s’offrent à eux.

Les subventions de l’État

L’Élysée tend sa main à travers l’ADEME pour soutenir les citoyens français dans leurs démarches vers la transition énergétique. En effet, cet organisme public accompagne et finance les projets des entreprises qui veulent améliorer leur performance environnementale. Dans une étude qu’elle a rapportée, deux scénarios peuvent réduire la consommation agricole en énergie à l’horizon 2050 :
* Une réduction de 26 % pour le scénario tendanciel basé sur la diffusion des meilleures technologies disponibles ;
* Une réduction de 43 % pour le scénario volontariste basé sur la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) qui reste en cours de révision.

Pour les zones non interconnectées et métropoles continentales, les agriculteurs peuvent compter sur la programmation pluriannuelle de l’énergie.

Les projets citoyens

Les projets citoyens peuvent constituer un investissement sûr si toutefois ils se concrétisent assez rapidement. À l’aide de ces projets, les bâtiments d’élevage peuvent être réchauffés par des réseaux de chaleur alimentés par un méthaniseur. C’est notamment l’objectif visé par le projet Méthalayou SARL réunissant une quinzaine d’agriculteurs des Pyrénées-Atlantiques à travers le mouvement « Énergie Partagée ». Leur but commun : produire du biogaz à partir des déchets agricoles locaux tels que les lisiers, les fumiers et les déchets organiques locaux. Avec la suppression des tarifs règlementés, cette société peut revendre son gaz à des tarifs concurrentiels.
À ce sujet, Engie laisse découvrir via cet article qu’il est un acteur incontournable dans le domaine du biogaz.

Les solutions à court terme

Une exploitation agricole peut devenir plus ou moins indépendante en électricité si elle parvient à produire sa propre énergie grâce à la mise en place de panneaux photovoltaïques. Si cette source d’énergie ne suffit pas pour alimenter ses appareils et diverses machines en électricité, elle permet néanmoins de réduire la facture finale.
En termes de biogaz, une ferme peut faire appel à la micro-méthanisation qui peut délivrer 22 kWh de puissance pour un budget de 205 000 euros. Le retour sur investissement est réalisé après 7 années d’exploitation.
Dans tous les cas, les efforts associés à la rénovation énergétique permettent d’obtenir une subvention de l’État, ceci afin d’appuyer sa lutte contre la précarité énergétique.

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