Tout sur l’observatoire de la précarité énergétique

3,3 millions de ménages ont du mal à satisfaire leurs besoins énergétiques primaires malgré les soutiens financiers de l’Élysée. Pourquoi l’observatoire national de la précarité énergétique martèle qu’il s’agit d’un bilan très positif ? Quelle stratégie adopter pour éradiquer ce fléau et réussir la transition énergétique ?

Rôles de l’observatoire national de la précarité énergétique

Créé en mars 2011, l’observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) est une institution qui observe, évalue et quantifie la précarité énergétique en France. Au-delà de ces études, l’ONPE offre un aperçu général des aides financières publiques et privées attribuées aux ménages en situation précaire. Par l’intermédiaire de cet aperçu, il offre à ses partenaires une analyse des forces et des faiblesses des dispositifs curatifs et préventifs destinés à vaincre la précarité énergétique.
En 2013, l’INSEE a recensé près de 5,6 millions de ménages (12 millions d’individus) dans une situation de précarité énergétique. 4 ans plus tard, ce chiffre a baissé pour passer à 3,3 millions (6,7 millions d’individus) d’après la publication de l’observatoire de la précarité énergétique datant du 23 novembre 2018. L’ADEME entre un peu plus dans les détails avec cette page.

Critères d’un ménage dans une situation de précarité énergétique

La précarité énergétique est définie par la loi du 12 juillet 2010. Un ménage est qualifié d’énergétiquement précaire par l’observatoire lorsqu’il répond à ces 3 critères à la fois :
* 8% de ses revenus sont dédiés à leur facture énergétique ;
* Le foyer se trouve parmi les 30 % des ménages les plus modestes. En d’autres termes, les revenus du foyer composé d’un couple avec 2 enfants sont de 3 302 euros. Pour un couple sans enfant, les revenus s’élèvent à 2 468 euros. Si le foyer est formé par une seule personne, il gagne moins de 1 265 euros par mois.
* Les membres du foyer ressentent le froid, entre autres à cause d’équipements défectueux, d’une isolation inappropriée ou d’une baisse volontaire du chauffage pour réduire les factures énergétiques.

observatoire précarité énergétique

Les acteurs et participants luttant contre la précarité énergétique

Pour assurer ses fonctions, l’ONPE est composé de différents membres :
* Des membres financeurs dont l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), l’observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES), l’agence nationale de l’habitat (ANAH), ENGIE, Direct Énergie, Énergie de France (EDF), ENEDIS, GRDF, le Médiateur national de l’énergie (MNE), l’Union sociale pour l’habitat (USH) ;
* Des membres partenaires dont l’association des régions de France (ARF), la Croix-Rouge française (CRf), la fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FCCR), la fondation Abbé-Pierre pour le logement des défavorisés, le haut comité pour le logement des personnes défavorisées (HCLPD), l’Union nationale des centres communaux et intercommunaux des actions sociales (UCCAS) ;
* Des membres ministériels et structures interministérielles.

Les derniers chiffres

L’observatoire de la précarité énergétique livre le résultat de ses observations sur son site internet, mais aussi durant un colloque national où un débat entre les participants est organisé. Le dernier colloque en date a eu lieu le 23 novembre 2018. Il faut rappeler que la France se classe au rang de sixième puissance mondiale. Même si les résultats tendent à s’améliorer, il n’est pas normal que des citoyens français soient encore contraints de choisir entre se loger, se nourrir ou se réchauffer.

La précarité énergétique

D’après les derniers sondages, 4 ménages sur dix souffrent du froid à cause d’une isolation inadaptée. 11,6 % de citoyens français consacrent plus de 8 % de leurs ressources financières au règlement de leurs factures d’énergie. Il s’agit des ménages les plus précaires énergétiquement. Cette vidéo montre comment le phénomène est vécu au quotidien par certains ménages :

Par ailleurs, la météo est un paramètre qui peut influer sur la proportion de la précarité énergétique. L’ONPE a estimé un taux de 13,8 % en 2013 à cause de l’hiver particulièrement rigoureux à cette époque contre 11,9 % en 2017 où la météo a été plus clémente.

2013 2014 2015 2016 2017
Taux de précarité énergétique brut 14,5 % 12 % 12,3 % 12 % 11,6 %
Taux de précarité énergétique prenant en compte la météo 13,8 % 13,4 % 13,2 % 12 % 11,9 %

Les aides financières nationales

L’ONPE œuvre dans la lutte contre la précarité énergétique. En effet, en mesurant l’efficacité des dispositifs mis en place par l’État, il apporte des réponses précises permettant d’éradiquer efficacement ce fléau. Les chiffres sur la précarité énergétique de 2019 devraient s’améliorer. Pour l’heure, l’organisme a établi les résultats suivants :
* En 2017, 52 268 ménages sont parvenus à rénover leur habitation grâce au financement de l’ANAH à travers le programme « Habiter mieux » ;
* En 2018, 3,6 millions de ménages ont obtenu leur chèque énergie ;
* En 2015, 157 962 ménages ont profité du fonds de solidarité pour le logement (FSL) permettant d’assurer les dépenses liées à leur habitation, dont la consommation énergétique.

Les pratiques des ménages dans une situation précaire énergétiquement

Au fil des années, les ménages français sont de moins en moins préoccupés par leur consommation énergétique avec un écart de 7 points entre 2011 et 2018. D’après une enquête menée par l’ONPE, les ménages préfèrent prendre diverses mesures pour faire face à l’inconfort :
* Utilisation de chauffages d’appoint fonctionnant au pétrole notamment ;
* Restriction du chauffage et regroupement dans une pièce unique chauffée ;
* Port de vêtements et accessoires d’hiver.

En revanche, il a été constaté que la facture énergétique détient une place de plus en plus importante dans les dépenses des ménages. Ce dernier facteur est notamment dû à l’augmentation du prix de l’ensemble des énergies.

2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
La consommation énergétique est un sujet de préoccupation importante 75 % 79 % 79 % 78 % 73 % 71 % 68 % 68 %
La facture énergétique détient une part importante dans les dépenses 63 % 64 % 67 % 64% 62 % 56 % 66 % 65 %

L’ONPE face à la précarité énergétique

En plus d’être un outil d’observation, l’ONPE est un outil d’aide à la décision. Grâce à lui, le Ministère de la Transition écologique et solidaire a pu mettre en place des dispositifs appropriés pour affronter la précarité énergétique. Entre le chèque énergie et les différentes primes pour les travaux de rénovation énergétique, il cherche à ce que la transition énergétique embarque tous les citoyens Français, y compris les plus démunis et les plus vulnérables.
Il a également permis de savoir que la précarité énergétique en France va au-delà des critères 3 communément admis initialement. Ce phénomène va de la consommation énergétique des logements, aux coûts de l’énergie, en passant par la mobilité, le tout en retenant la dimension économique et comportementale.

L’objectif secondaire de l’ONPE

Puisqu’il est parvenu à souligner les phénomènes de précarité énergétique au niveau des logements, il cherche à axer ses études au niveau de la mobilité et le transport. C’est notamment l’objectif qu’il souhaite atteindre grâce à l’outil GéoVEHM. Le fait est que 15 % des ménages de la France métropolitaine consacrent une grande part de leurs revenus à l’eau chaude sanitaire ainsi qu’au chauffage. Par ailleurs, pour 10 % des ménages, les frais des trajets en voiture sont très élevés par rapport au budget alloué. À cause de cette situation :
* 22 % des ménages, soit 5,9 millions, se trouvent dans une situation précaire pour l’une ou l’autre de ces 2 types de dépenses ;
* 3 % des ménages, soit 700 000, sont concernés par ces 2 types de dépenses en même temps.

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