Optimiser l’énergie à la ferme par les pratiques agricoles

La ferme  » France  » est accablée par les charges importantes liées à l’énergie. L’amélioration du bilan énergétique est devenue une priorité pour les exploitations afin d’accroître leurs revenus. Changer les pratiques agricoles, réduire les intrants et passer aux énergies renouvelables permettront d’optimiser l’énergie.

L’optimisation : une solution contre la dépendance à l’énergie dans les pratiques agricoles

Optimiser pratiques agricoles énergie 1

De bonnes pratiques agricoles sont nécessaires pour optimiser l’utilisation de l’énergie. La dépendance énergétique, illustrée par une part de l’énergie montant à 20 % des coûts variables, menace d’interrompre la croissance de l’agriculture française. Ce chiffre cache de grandes disparités selon les filières. Selon une étude de l’ADEME, l’indice de dépendance énergétique peut aller jusqu’à 30 % ou 40 % dans la comptabilité des fermes maraîchères qui cultivent les légumes sous serre chaude. Dans les grands domaines céréaliers, les pratiques agricoles mobilisant des tracteurs, des motopompes alimentées par l’électricité, ou des moissonneuses sont également à bannir. L’élevage n’est pas à l’abri du problème d’optimisation énergétique, dû en grande partie au transport des aliments pour animaux, à l’électrification et au chauffage des bâtiments d’élevage.

Réaliser des gains d’énergie : les principaux enjeux pour la ferme  » France « 

Le prix du baril ne cesse de croître chaque année, avec des hauts et des bas selon les caprices des marchés internationaux. Maîtriser l’énergie par le bio, le non-labour et d’autres pratiques agricoles novatrices, renvoie, par conséquent, à un énorme enjeu financier pour la ferme  » France « . Il y va de la valeur ajoutée des produits agricoles dans la mesure où une hausse de la facture de l’eau, de l’électricité ou des carburants tirerait le prix de revient des aliments vers le haut. L’agriculture verrait ainsi sa rentabilité baisser en chute libre. Aux risques financiers viennent se greffer des risques environnementaux. L’énergie contribue à l’effet de serre. Au rythme où les émissions de gaz carbonique s’accroissent, les fermes françaises devront s’attendre en 2100 à une hausse de la température de 4°C, ce qui nuirait les plantes et engendrerait une instabilité des récoltes, des rendements ainsi que des revenus agricoles.

Économiser l’énergie en exploitation agricole : les solutions possibles

Pour améliorer la productivité agricole et optimiser l’énergie dans l’exploitation agricole, il est recommandé de comparer les stratégies existantes, sur deux fronts :
* la stratégie défensive qui vise à réduire la consommation d’énergie en agriculture en passant par l’utilisation optimale des intrants, la réduction du cheptel et l’introduction de différentes pratiques agricoles novatrices ;
* la stratégie offensive qui consiste à guérir les grands maux par les grands remèdes en privilégiant les énergies renouvelables.

Stratégie défensive

Cette stratégie poursuit l’objectif de gains d’énergie par l’utilisation optimale des intrants et l’innovation agricole.

Optimisation de la fertilisation azotée

La fertilisation est un important levier de réduction de la consommation énergétique. Optimiser le système agricole concernant les apports d’azote permettra de dépenser, de transporter et d’épandre moins d’engrais. Pour ce faire :
* l’application des fumures doit être raisonnée ;
* il faut être réaliste dans les prévisions pour améliorer le rendement agricole en évitant d’abuser inutilement des fertilisants ;
* concernant la production fourragère destinée à l’alimentation animale, le choix des espèces peu exigeantes en intrants, notamment en azote, est recommandé. Planter plus d’herbes, valoriser les légumineuses dans les systèmes de prairie, introduire des aliments plus riches en concentrés est indispensable pour réduire les apports d’azote.

Suppression du labour

L’utilité du labour n’est plus à discuter. Il aide à préparer convenablement le lit de semences en brisant les mottes de terre et en éliminant les mauvaises herbes. Toutefois, le labour fait appel à de puissants tracteurs qui sont trop gourmands en énergie. La technique du semis direct est l’idéale pour diminuer le recours au machinisme agricole. Elle encourage une perturbation minimale du sol et valorise les processus de décomposition naturelle par les microbes et les matières organiques. La stabilité structurale du sol est ainsi assurée par une intense activité biologique et non plus par les traces de sillons des machines. Cette pratique agricole novatrice est en somme un moyen indirect de réaliser des économies d’énergie.

Rotation culturale et assolements

Contrairement aux surfaces en monoculture, où une seule plante accapare les terrains de la ferme et revient sans interruption après la fin du cycle cultural, les systèmes de rotation font alterner tour à tour des plantes de différentes familles sur une même parcelle. Les cultures à introduire en milieu de rotation n’ont pas les mêmes besoins nutritifs que les précédentes. Cette technique a pour avantage d’éviter l’épuisement du sol en l’élément préférentiel de la culture principale. En procédant ainsi, l’exploitant réduit indirectement sa consommation d’énergie par l’économie d’engrais minéraux.
Les assolements procurent le même avantage, mais avec un bonus agronomique : l’exploitation de différents horizons racinaires. Les plantes se protègent mutuellement, ce qui réduit également les dépenses en herbicides et en pesticides.

Alimentation animale : approvisionnement local en protéines

Il faut privilégier les marchés locaux proches du site de la ferme. Dans la mesure du possible, les éleveurs doivent éviter de s’approvisionner au marché en produisant leurs propres fourrages. Le but est d’améliorer le bilan énergétique en réduisant la consommation de carburants liée au transport des intrants.

Bio, agriculture innovante

L’énergie est également liée aux enjeux de l’agriculture durable et d’une alimentation plus saine et sans danger. L’essor du bio en France a commencé dans la première décennie du xxe siècle. Les surfaces reconverties réalisent des gains considérables en énergie en réduisant le recours aux produits chimiques. La lutte biologique, l’introduction de légumineuses fixatrices d’azote de l’air et la diversification des cultures sont, entre autres, les armes innovantes permettant de venir à bout des ennemis de culture.
La conversion au bio permet d’obtenir de bonnes performances et de faire d’une pierre deux coups : réduire le bilan énergétique en supprimant totalement les dépenses en fertilisants et en pesticides tout en militant pour la noble cause de la défense environnementale.

Stratégie offensive : la production d’énergies vertes

Optimiser pratiques agricoles énergie 2

Les énergies vertes les plus répandues dans le secteur agricole sont :
la méthanisation : le chef d’exploitation qui prend l’option d’installer un système de méthanisation le fait pour produire de l’énergie verte. En effet, le biogaz est obtenu en rassemblant les déjections d’élevage, notamment le fumier des bovins ou des lapins, dans une fosse fumière pour les convertir en énergie. La méthanisation répond alors à un double objectif : d’un côté, le recyclage des déchets et des matières organiques permettant de fertiliser le sol ; de l’autre, la génération d’énergie électrique substituant les énergies fossiles émettrices d’effet de serre. Le processus de méthanisation agricole est expliqué en détail à travers ce site ;
* l’énergie solaire : tout comme la méthanisation, l’énergie solaire est un levier de réduction de la consommation énergétique en agriculture. Pour ce faire, il suffit d’investir dans des panneaux solaires photovoltaïques qui captent la lumière naturelle et produisent de l’énergie à partir d’un appareil convertisseur ;
* l’énergie éolienne : la mise en place d’un site d’éolienne est une bonne alternative pour réduire le bilan énergétique en agriculture. Cette solution s’adapte surtout aux fermes de vaches laitières ou de production bovine qui consomment beaucoup d’électricité (traite, laiterie, box d’allaitement).

se trouve également le résumé de l’ADEME à prendre en compte pour l’optimisation des pratiques agricoles.

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