Performance énergétique en agriculture – les fondamentaux

L’exploitant agricole se soucie aujourd’hui de la performance énergétique. Agir de manière responsable est dans son intérêt, puisque l’économie d’énergie accroît la valeur ajoutée et le revenu final de l’agriculteur. En optimisant la performance énergétique, des aides de l’État peuvent être débloquées.

Optimiser l’énergie dans l’exploitation agricole : de quoi parle-t-on ?

Performance énergétique en agriculture 1

L’agriculture est responsable de 21 % des émissions mondiales de gaz carbonique. L’efficacité énergétique désigne l’aptitude à maintenir un niveau de production ou de rendement satisfaisant en consommant le moins d’énergie possible. Cette définition trop générale ne suffit pas pour traduire les préoccupations actuelles qui agitent le monde de l’agriculture française. Appliqué aux filières agricoles ou agro-industrielles, ce concept se prête à divers angles de lecture et d’interprétation :
* ordre économique : pour atteindre la performance énergétique, l’exploitation agricole cherche à produire plus de biens agricoles par unité d’énergie. Cela s’exprime par exemple en tonnes de céréales par kilowattheure, en litres de lait par litre de carburant. Dans cette logique, le bénéfice brut est maximisé en gardant stables les charges directes ou indirectes liées à l’énergie ;
* ordre écologique : au-delà d’une rationalité purement technico-économique, les unités d’exploitation agricole se soucient de limiter les nuisances environnementales engendrées par leur activité. En effet, le secteur agricole est pointé du doigt comme étant à l’origine d’importantes pollutions atmosphériques. Il est accusé au même titre que le transport et l’industrie. Le gouvernement appelle ainsi les producteurs à une démarche d’économie d’énergie indépendamment de toute élévation du volume des récoltes, des rendements ou du revenu. Cet aspect de la performance énergétique est mesuré à l’aide du bilan énergétique. Il se calcule en faisant la différence entre la quantité de carbone séquestrée par l’exploitation et la quantité de carbone libérée dans l’atmosphère.
* ordre technique : les fermes agricoles avant-gardistes concilient les deux premiers objectifs au travers d’une charte de production rigoureusement suivie. Autrement dit, la réalisation d’une économie d’énergie transparaît dans les innovations agricoles et intervient dans les domaines aussi divers que la logistique, le transport, la fertilisation ou les instruments de production. À cette fin, le chef d’exploitation peut décider d’acquérir de nouveaux appareils actionnés par une force naturelle : générateur d’air chaud à biomasse, électricité éolienne…

Plan de performance énergétique

Si la question de la discipline énergétique a le vent en poupe, c’est parce que le cadre légal l’appuie à grands coups d’aides et de subventions financières.
En premier lieu, la politique agricole commune (PAC) met la pression sur les ministères et les pouvoirs publics. Elle engage la France en tant que pays membre de l’Union européenne à prendre les mesures radicales pour ne pas dépasser son crédit carbone. L’objectif ultime est de réduire à 2% la hausse de la température à la surface de la Terre en 2100.

Nature et contenu du plan

Pour soumettre la facture énergétique à des coupes claires, le gouvernement entend développer un modèle d’agriculture à faible émission de carbone. Le plan de performance énergétique a été inventé : un financement contre un projet d’investissement à des fins de réduction d’énergie ou de production d’énergie renouvelable. À travers ce dispositif, les exploitants agricoles sont invités à prendre le problème à bras-le-corps :
* en trouvant ce qu’ils jugent être la meilleure solution pour optimiser le bilan énergétique ;
* en formalisant leur volonté de rénovation dans un dossier de projet ;
* en la mettant en œuvre sur leur propre exploitation.

Les équipements financés par le plan de performance énergétique peuvent l’être également par le biais des certificats d’économie d’énergie. Des renseignements plus complets sont fournis via cet article.

À qui s’adresse le plan ?

L’offre de financement par le plan de performance énergétique est ouverte :
* à toutes les unités de production agricole sans distinction qui résident en France métropolitaine ;
* aux coopératives d’utilisation de matériels agricoles en commun, sous réserve que la nature du projet concerne l’achat d’équipements.

L’agriculture, la production animale et la pêche sont les filières concernées.

Quels sont les documents à présenter ?

Le candidat est tenu de produire un diagnostic énergétique en appui à sa candidature. Ce dernier rendra compte des flux d’énergie entrants et sortants au sein de l’exploitation et traduira en chiffres exacts l’impact de l’investissement sur les émissions de carbone au titre des prochaines années. Plus connu sous le terme de « diagnostic énergie-gaz à effet de serre », le diagnostic doit comprendre :
* un portrait sommaire de la ferme, des filières en présence et des machines de production ;
* un bilan énergétique quantifiant les dépenses d’énergie directes ou indirectes de la ferme et leur équivalent en tonnes de dioxyde de carbone ;
* un bilan énergétique ventilé par atelier ou par bâtiment consommateur d’énergie et leur équivalent en émissions de gaz à effet de serre ;
* une estimation annuelle des indicateurs d’efficacité énergétique à l’hectare ou par kilogramme de produit ;
* un plan de rénovation destiné à réaliser des économies d’énergie au cours des années à venir. Ce plan inclut l’adoption des énergies renouvelables, l’amélioration des techniques ou des actions de sobriété énergétique.

Il est important de noter que le diagnostic de performance énergétique doit être rédigé par un professionnel. Une liste des prestataires habilités à rédiger le document, avec leurs noms et leurs contacts téléphoniques, est disponible auprès des DDT ou DDTM.
Le diagnostic débouche sur la délivrance d’un certificat assorti d’une synthèse des principaux résultats et de recommandations d’amélioration. Si le dossier de projet est convaincant, il ouvrira droit à un contrat de prêt visant à accompagner l’autonomie énergétique de l’exploitation. L’intérêt de ne plus dépendre des carburants fossiles est illustré dans cette vidéo :

Modalités de calcul des subventions

La subvention ne couvre pas la totalité des frais d’investissement. Il existe un montant pris en charge par l’exploitation agricole et un montant avancé par l’État. Deux paramètres sont à considérer dans le calcul du montant des aides auquel le producteur peut prétendre :
* le coût d’exécution du projet ne doit pas dépasser un plafond maximum défini par les régions. Pour être éligible, le dossier doit avoir une envergure suffisante équivalant à 2 000 € ;
* le taux de subvention applicable est fixé à 40 %.

Un supplément de 10 % est accordé aux jeunes agriculteurs et aux unités de production implantées dans les communes rurales déshéritées.

Les énergies renouvelables : un moyen pour améliorer la performance énergétique

Performance énergétique en agriculture 2

Il n’y a pas à discuter, la course à l’économie d’énergie est un phénomène de mode chez les exploitations françaises. Pour arriver à cette fin, l’un des moyens sûrs est l’abandon des énergies fossiles au profit des énergies renouvelables. L’agriculture offre une gamme illimitée d’alternatives pour éviter la pression continue sur les ressources en eau, en pétrole ou en gaz :
* méthanisation : consiste à créer des puits de carbone par l’intermédiaire de sites de méthanisation qui recueillent le fumier du bétail et les ordures ménagères pour les convertir en énergie utilisable pour l’éclairage, le chauffage ou la production de carburants ;
* énergie solaire : nécessite l’acquisition d’un panneau solaire photovoltaïque qui va capturer la lumière du soleil et le transforme en électricité ;
* énergie éolienne : auparavant très coûteuses, les installations éoliennes sont aujourd’hui rentables.

Il est recommandé de comparer les avantages de chaque type d’énergie avant de se décider.

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